Vaincre ses peurs suite à une chute

Je suis instantanément tombée en amour avec le vélo de montagne. Tout du vélo de montagne me plaisait: la vitesse, la nature et l’exercice physique. J’ai grandi à Montréal, mais ma famille possédait également un chalet dans le nord de l’état de New York, au coeur des Adirondacks. Nous étions entourés de trails magnifiques qui comptaient différents obstacles comme des racines techniques ou encore des dalles de granit lisses. Mon premier vélo de montagne était un Trek 3900 et j’étais convaincue qu’ensemble, nous étions invincibles: c’est ainsi que mon obsession avec le vélo de montagne a commencé. 

Quelques années plus tard, lors d’un voyage en famille à Sedona, Arizona, je me suis fixé comme but d’atteindre un nouveau niveau. Toutefois, rouler à Sedona ce n’est pas du tout pareil que de rouler dans les sentiers auxquels j’étais habituée. Nous avons engagé un guide et avons tranquillement commencé la journée avec comme objectif de conquérir le plus de sentiers double-diamants possible. Tout allait bien, jusqu’à ce que rien n’aille plus. Le soleil de fin d’après-midi sur les rochers rouges du sentier rendait la visibilité presque nulle. J’ai pédalé directement vers une falaise, et je suis passée complètement par-dessus mon vélo pour brutalement atterrir sur mon côté gauche. J’étais complètement sous le choc ; la trail s'appelait « Easy Breezy » (facile) et elle n’était pas censée être un défi. Ultimement, cette chute m’a valu une fracture de la rotule, de sévères contusions sur tout le côté gauche de mon corps et une fracture dans le coude gauche. Dès lors, j’étais terrifiée de retourner sur mon vélo de montagne, j’avais peur de la machine que j’avais tant aimée et ma confiance en moi avait complètement dissipée. 

De retour à Toronto, j’ai entreposé mon vélo de montagne et j’ai acheté un vélo de route. Je me suis remise physiquement de cette chute quelques semaines plus tard, mais ça m’a pris presque trois ans avant de ressortir mon vélo de montagne. Pendant ma convalescence, plusieurs personnes me partageaient leurs conseils sur comment vaincre mes peurs. Les astuces ci-dessous sont quelques-unes des stratégies que j'ai utilisées pour retrouver mon vélo de montagne. 

 


Comment vaincre ses peurs

N'attendez pas avant de reprendre la route

La première étape pour surmonter un blocage mental suite à une blessure ou à une chute est de simplement reprendre son vélo et de reconnecter avec le sport que vous aimez. Peu importe la trail ou le vélo, simplement trouvez un moyen de sortir pédaler! Personnellement, j’ai commencé avec la route et j’ai tranquillement progressé vers le vélo de gravel, ce qui m’a aidé à redévelopper ma confiance avant de reprendre mon vélo de montagne. 

 

Trouvez votre « flow »

Pour moi, la joie du vélo de montagne réside dans sa simplicité ; c’est vous et votre vélo, ensemble. C’est la sensation des pneus claquant dans un coin de terre serré, le battement de votre cœur au moment de gravir une montée abrupte, la sensation des suspensions qui travaillent fort lors d’une descente. Votre flow, vous le trouverez en vous ; ça ne veut pas nécessairement dire de rouler le plus vite possible. C’est la sensation d’être connectée avec votre vélo et à travers votre vélo, d’être connectée avec la nature. Je travaille mon flow en roulant à une vitesse à laquelle je suis confortable (en utilisant au minimum les freins) et sur une trail que je connais, où les obstacles techniques ne sont pas des surprises. Cela me permet de me concentrer strictement sur mes sensations, autant physiques que psychologiques, sans aucun stress. Mes réseaux de sentiers favoris pour travailler sur mon flow sont la forêt régionale de Durham, quelques kilomètres au nord de Toronto, et Bear Creek à Denver, au Colorado. 

 

Roulez seule

Après ma journée de travail, j’ai le goût d’aller rouler, mais souvent je n’arrive pas à trouver des amis qui ont un horaire compatible au mien. Apprendre à sortir rouler seule a été une expérience super valorisante pour moi. C’est presque comme une forme de méditation. On peut faire les trails qu’on veut et s’arrêter pour pratiquer des segments plus difficiles. Je suis une grande fan de rouler en groupe et de suivre la roue de quelqu’un en qui on a confiance, mais prendre le temps d’explorer seule m’a permis de retrouver ma confiance. Si vous désirez rouler seule, je vous recommande de ne pas y aller lors des heures de pointe, question d’éviter le stress du trafic en sentier. 

 

Fixez vous des objectifs atteignables

Après chaque ride, je prends le temps de souligner un accomplissement ou une peur que j’ai vaincue et je me fixe un objectif pour la prochaine ride. Cette technique m’aide à diminuer la pression que je m’impose, tout en m’encourageant à m’améliorer. Ajuster son état d’esprit peut complètement changer votre manière de rouler. Par exemple, lors d’une sortie la semaine passée, j’ai réussi une montée technique avec laquelle j’avais toujours de la misère lors des rides de groupe. J’y suis retournée seule et j’ai travaillé la même montée pendant une heure; je suis tombée plusieurs fois, mais j’ai finalement trouvé une ligne avec laquelle je suis confortable et qui m’a permis de me rendre jusqu’au bout. Une fois au sommet, j’ai pris quelques minutes pour reprendre mon souffle et savourer mon succès. Mon objectif pour la prochaine fois que j’emprunterai cette trail est de simplement refaire la montée en ayant confiance dans mon choix de ligne! 


Ces astuces m’ont beaucoup aidé lors des dernières années afin de retrouver ma confiance en vélo de montagne. La fin de semaine passée, j’ai participé à ma première course de vélo de montagne depuis 5 ans, la Yeti Beti Back Bash à Denver au Colorado, et j’ai pris la première place dans ma catégorie! J’ai retrouvé la piqûre de la course et j’ai déjà hâte à ma prochaine compétition. 

Let's ride!

Corinne, fière ambassadrice du Collectif PEPPERMINT

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