Une expérience de bike packing

le 10 mai 2017

Cuba sous le regard du bike packing

Le beau temps est arrivé! La fraicheur s’estompe pour laisser place à la chaleur qui nous rappelle que l’été n’est pas bien loin. Avec le soleil à l’extérieur, on se surprend à rêver aux vacances à venir. L’inspiration ne manque pas avec les Instagram, les blogues, les vidéos Youtubes, etc. mettant de l’avant des paysages uniques dans des pays exotiques. Bien que ça fasse rêver, on peut sentir que ces aventures sont bien loin de notre réalité et peuvent sembler inaccessibles. Par contre, que ce soit découvrir des horizons lointains ou encore votre cour arrière (souvent laissée de côté) c’est beaucoup plus facile que vous n’y pensez et le meilleur moyen que j’ai trouvé pour y arriver, c’est en vélo.

Ma plus récente escapade fut un « trip » de bike packing dans la merveilleuse région de Viñales, à Cuba. Ce fameux bike packing, dont on entend de plus en plus parler, est un hybride entre le cyclotourisme traditionnel et le vélo de montagne. Idéal pour voyager différemment et sortir des sentiers battus.

LE PROJET

Cuba m’a été imposé par l’invitation à un mariage à la Havane. J’avoue que j’y allais à reculons avec des idées préconçues. Pour moi, Cuba évoquait des images de tout inclus remplis de touristes occidentaux. Je me suis donc organisée pour le découvrir sous un autre œil. Même avec seulement 10 jours devant nous et un mariage auquel assister, mon copain et moi avons décidé d’y aller avec nos vélos. Petit conseil, la durée du voyage importe peu. Que ce soit pour une fin de semaine ou pour plusieurs mois, il est toujours possible de se créer un itinéraire sur mesure. 

VINALES EN UN COUP DE COEUR

La région de Viñales est surprenante et magnifique. Ses paysages décorés de mogotes et de terre couleur rouille détonent de l’idée qu’on se fait de Cuba. En s’éloignant de la route et en rentrant dans les terres agricoles où la culture de tabac domine, nous avons aperçu des bœufs au labour, des bâtisses à toit de palmes et des paysans au chapeau vissé sur la tête pour s’épargner les coups de chaleur. Justement, la chaleur n’est pas à prendre à la légère lors d’un tel périple dans ses régions tropicales. Il faut s’assurer de partir à l’aube, d’éviter les périodes les plus chaudes de la journée et de s’hydrater au maximum. Second conseil, apportez-vous des capsules sportives d’hydratation qui pourront vous aidez à récupérer plus rapidement les électrolytes perdus. 

Nous dormions toujours chez l’habitant, dans les « casas particulares ». Ça rend l’expérience encore plus enrichissante culturellement en offrant un contact privilégié avec les habitants. Par contre, sortir des sentiers battus implique la possibilité de s’égarer. En cas de situations imprévues, nous avions décidé de tout de même transporter notre matériel de camping. Le tout se rangeait bien dans un rouleau de guidon, un sac de selle et un sac à dos d’une trentaine de litres.

 

La journée pour se rendre au village de Puerto Esperanza fut la plus difficile. La chaleur était étouffante et nous avons eu le droit à un enchaînement de crevaisons. Les fameuses épines de l’arbre Acacia tapissaient le sol et étaient la cause de nos nombreux arrêts. D’ailleurs, en bike packing, une trousse complète de réparation est un « must ». Cette épopée nous a convaincus de convertir nos pneus en « tubeless »* ce qui nous aurait évité toute la complication autour des crevaisons. Par contre, nos arrêts nous ont permis de vivre la grande générosité des cubains. Lors d’une crevaison à proximité d’une terre agricole, le paysan qui y travaillait est venu nous prêter main forte. 

UNE BELLE RENCONTRE

Lors de notre soirée au village isolé de Puerto Esperanza, nous avons rencontré un couple de cyclistes de Vancouver. En voyage de cyclotourisme traditionnel, ils découvraient la région via les routes principales. Intrigués par notre parcours, nous les avons invités à rouler avec nous le lendemain. Même si ce nouveau trajet leur a fait goûter aux crevaisons, il leur a aussi fait voir une facette complètement différente de Cuba et par le fait même, du vélo. Pour nous, avoir la possibilité de faire découvrir notre passion à d’autres, est très gratifiant. Petite note aux intéressés : le bike packing s’improvise difficilement. Les vélos de route de nos nouveaux amis auraient nécessité quelques adaptations pour mieux manœuvrer sur les chemins accidentés et non pavés. 

Alors avec le beau temps, mettez un point sur une carte et partez à l’aventure. C’est plus simple que vous ne le pensez, un peu de recherche sur Internet vous aidera à faire vos premiers coups de pédale en bike packing. Un bon point de départ est l’excellent site : Bikepacking.com

Bonne ride !

Noémie Martin, ambassadrice passionnée du Collectif PEPPERMINT

*Le pneu sans chambre à air et avec un liquide scellant qui a l'avantage de présenter moins de risques de crevaison rapide et être plus léger.

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